lundi, février 11, 2008

11 février 1858


"J’allais au bord du Gave ramasser du bois avec deux autres petites. Elles passèrent l’eau ; elles se mirent à pleurer. Je leur demandai pourquoi pleuraient-elles ? Elles me répondirent que l’eau était froide. Je les priai de m’aider à jeter des pierres dans l’eau afin de passer sans me déchausser ; elles me répondirent que je devais faire comme elles. Alors, je fus un peu plus loin pour voir si je pouvais passer sans me déchausser. Je ne pus pas. Alors je revins devant la grotte pour me déchausser. Comme je commençais, j’entendis la rumeur. Je me tournai du côté de la prairie ; je vis que les arbres ne remuaient pas du tout. Je continuais de me déchausser ; j’entendis la même rumeur ; je levai la tête en regardant la grotte...

Je vis une Dame habillée de blanc : elle avait une robe blanche et une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied, couleur de la chaîne de son chapelet. Quand j’eus vu cela, je frottai mes yeux ; je croyais me tromper. Je mis la main dans ma poche ; j’y trouvai mon chapelet. Je voulais faire le signe de la croix ; je ne pus pas porter la main au front ; elle m’est tombée. La vision fit le signe de la croix. Alors ma main tremblait ; j’essayai de le faire et je pus. J’ai passé mon chapelet ; la vision faisait courir les grains du sien, mais ne remuait pas les lèvres. Quand j’eus fini mon chapelet, la vision disparut tout d’un coup.

J’ai demandé aux autres deux petites si elles n’avaient rien vu, et elles dirent que non. Elles me demandèrent ce que c’était, que je devais leur dire. Alors je leur dis que j’avais vu une Dame habillée de blanc, mais je ne savais pas ce que c’était, mais qu’elles ne devaient pas le dire. Ensuite elles me dirent que je ne devais plus y revenir ; je leur dis que non."


Le 11 février 1858, il fait froid au "cachot", la pièce où a trouvé refuge la famille Soubirous avec ses 9 enfants : Bernadette va, avec quelques amies, chercher du bois mort à la grotte de Massabielle au bord du Gave. Soudain, elle aperçoit dans un trou du rocher une Dame extraordinairement belle.

Son corps ne diffère du nôtre que par son inexprimable beauté. Elle est de taille moyenne et semble toute jeune. La courbe ovale du visage est d'une grâce céleste et les yeux bleus d'une suavité qui semble fondre le coeur de quiconque en est regardé. Les lèvres respirent une bonté et une mansuétude divines. Saisie d'un effroi surnaturel mais remplie de joie, Bernadette n'ose approcher; avec la Dame elle récite son chapelet.

Je vous salue Marie,
pleine de grâce,
le Seigneur est avec vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus le fruit de vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous, pauvres pécheurs,
Maintenant, et à l'heure de notre mort.
Amen.

Notre Dame de Lourdes, priez pour nous.

11 février 1858 - 11 février 2008
150 ème anniversaire des apparitions

Pour toutes les grâces reçues à Lourdes,

MAGNIFICAT!

NB : Les 18 Apparitions de la Sainte Vierge à Lourdes en 1858

1 commentaire:

Bernard HUET a dit…

À PROPOS DE BERNADETTE À NEVERS
( Extrait du livre "L'ÉTOILE DE CONFIANCE" http://bernardhuet.blogspot.com/ )

"Dans son sommeil éveillé, elle témoigne désormais pour les génération successives de la réalité de son dialogue avec Marie. Car sa mort fut un cri, le cri de celle que les Hommes n’ont pas voulu croire. Elle a tellement aimé Marie, elle, la fille aînée de chômeurs, tellement tendu ses mains, tellement ouvert son cœur, tellement dégagé d’énergie d’amour, qu’un instant et par dix-huit fois elle a franchi la frontière, brisé la glace qui sépare de l’au-delà, vu Celle qui l’attendait et reçu la mission de témoigner. Mais dans un monde d’aveugles, comment faire comprendre ce qu’est “voir”? Les Hommes l’ont tourmentée, elle avait cru voir, elle était folle. Au couvent, même, avait-elle trouvé la paix? avait-elle pu convaincre qu’elle disait vrai? Ne la regardait-on pas un peu avec scepticisme, au mieux, ou peut-être un peu de jalousie? Alors se peut-il, que dans une ultime explosion d’amour, dans une tension surhumaine vers Marie qu’elle aimait tant, au moment où son corps l’abandonnait, où ce nuage de quelques milliards de cellules cessait ses fonctions organiques, son être invaincu ait interrompu la mort pour demeurer encore et aussi parmi les Hommes, et témoigner. Se peut-il que Bernadette ait transcendé le monde de la physique pour atteindre par dix-huit fois l’Être vrai de Marie par la force de son appel. Se peut-il que Marie, dont il est insensé de penser qu’elle ait abandonné ce monde, indifférent à son sort, ait répondu au cri d’amour de Bernadette? Incursion violente dans l’au-delà d’une volonté farouche servie par la force inouïe d’une espérance inébranlable, et incarnation vraie, l’espace d’un instant, en réponse à la force d’amour.
Alors et pour prouver qu’elle disait vrai, que la force de l’amour pousse à l’extrême, pour laisser à qui sait comprendre une ultime preuve de la véracité de son témoignage, elle a pu, dans sa dernière seconde de vie matérielle, chasser la mort, maîtriser son corps, le préservant de la destruction, ce corps qu’elle habite encore, pour prouver aux pèlerins éblouis que l’histoire ne s’arrête pas là, que la mort n’a jamais tué personne, et que ce qu’elle accomplissait là, elle l’avait déjà accompli avant, en suscitant Marie par dix-huit fois."